Il est tout à fait légitime pour une entreprise de refuser une demande d’interview effectuée par un journaliste. Plusieurs raisons peuvent le justifier : agenda trop chargé, manque d’expertise sur le sujet à traiter, désaccord avec la ligne éditoriale du média, etc. Toutefois, il est essentiel d’anticiper ces situations. En effet, une fois un communiqué envoyé à la presse, un journaliste cherche souvent à obtenir des précisions. Un refus peut alors nuire à la crédibilité de l’entreprise… et à celle de son attaché(e) de presse.
Quand un journaliste vous contacte spontanément, faut-il répondre ?
Recevoir une demande d’interview sans actualité particulière n’est pas rare, notamment lorsqu’une entreprise dispose d’une forte notoriété dans un secteur et/ou est particulièrement visible sur Internet. Chaque sollicitation doit être étudiée selon trois critères :
- Qui est le journaliste ? A-t-on déjà collaboré avec lui ? Existe-t-il un lien de confiance ?
- Quel est son objectif ? Souhaite-t-il recueillir une expertise ou un éclairage par rapport à l’actualité ?
- Quel média représente-t-il ? Quelle est sa ligne éditoriale, son audience, sa réputation ?
Si l’interview permet de positionner votre entreprise comme un expert dans son secteur ou d’apporter un éclairage pertinent sur un sujet d’actualité ou des tendances qui ont un lien avec son activité, il est intéressant d’y répondre. Accepter l’interview peut-être aussi un moyen d’initier une relation de confiance avec un journaliste, ou de la renforcer si ce dernier suit régulièrement l’actualité de votre entreprise.
En revanche, si le sujet est sensible ou très éloigné de votre activité, ou encore si le moment n’est pas opportun, il est tout à fait possible de refuser l’échange. L’important est d’expliquer la raison en toute transparence.
Cibler les bons journalistes : le pilier de toute stratégie RP
Envoyer un communiqué de presse à des journalistes implique un engagement : celui de se rendre disponible pour répondre à leurs questions, apporter des précisions et compléter l’information transmise. Cela vaut pour tous les médias destinataires, quels que soient leur format (presse écrite, TV, radio, podcasts…) ou la taille de leur audience.
Le travail de ciblage réalisé par les attachés de presse, en amont de la diffusion des « pitchs » ou des communiqués de presse, permet de ne toucher que les journalistes les plus pertinents pour chaque information. Mais avant de décider de ne pas adresser certains médias, il convient de se poser les bonnes questions :
- Est-ce parce que la ligne éditoriale n’est pas adaptée par rapport au sujet ?
- L’audience est-elle trop limitée ou n’est pas directement concernée ?
- Le sujet est-il trop sensible pour être diffusé à tel ou tel média ?
De nombreuses entreprises rêvent de passer au JT de 20 heures. Mais il convient néanmoins de se poser la question suivante : est-ce que 30 secondes dans un reportage ponctuel est plus efficace que plusieurs passages dans des médias spécialisés lus (écoutés ou regardés) par les cibles de communication de l’entreprise ?
Le rôle des attachés de presse dans la gestion des demandes journalistes
Les professionnels des relations presse sont les mieux placés pour évaluer l’impact potentiel d’une prise de parole ou d’un refus. Par exemple, face à un dirigeant tenté de « snober » un média jugé « mineur », ils peuvent démontrer que le public ciblé est plus pertinent qu’un support grand public qui a une forte notoriété mais dont l’audience est plus généraliste.
Inversement, ils savent aussi dissuader un porte-parole de s’exprimer sur un sujet mal maîtrisé ou de livrer une information sans préparation. Leur connaissance fine des médias et des enjeux éditoriaux en fait des alliés précieux.
Quant à la question de la ligne éditoriale, elle relève en dernier ressort d’un choix personnel : une entreprise peut choisir de ne pas s’exprimer dans un média dont elle ne partage pas les valeurs. Cependant, elle doit en assumer les conséquences : cela peut signifier renoncer à toucher une partie de ses cibles de communication.
Lire aussi :
10 conseils pour réussir une interview presse
Comment rédiger un (bon) communiqué de presse ?
